lundi 9 mai 2016

108 - Adieu, mon petit ours noir...

C'était fin janvier 2009. Nous rentrions de vacances de Cuba, quand une collègue de mon chum lui a dit que son fils avait des chiens à donner d'urgence. Nous sommes allés les voir. 4 petits chiens tous minis, 2 noirs au poil ras, 1 blanc au poil long et un noir au poil long. Nous avons demandé 24 heures de réflexion.
Pendant la nuit, j'ai rêvé du petit noir à poils longs, j'ai même rêvé de son nom, « ours noir ». C'est donc lui que nous avons adopté.
Il était maigrichon, et ses pattes arrières étaient atrophiées, car il vivait dehors, par -40°, et qu'il avait donc fort peu quitté la chaleur de la fourrure de sa famille. Il avait le regard le plus doux du monde.


Nous l'avons nourri, soigné. Je lui ai appris la propreté, je l'ai fait sauter pour développer ses pattes arrières.
De ses débuts difficiles, il avait gardé une peur maladive du monde qui l'entoure et des troubles digestifs récurrents.

Sa santé a progressivement dégénéré. Il a fait une occlusion intestinale il y a 4 ans, et depuis, faisait régulièrement des diarrhées - parfois pleines de sang. Il couinait régulièrement de douleur la nuit. Nous l'avons changé plusieurs fois de croquettes, jusqu'à ne plus le nourrir qu'avec des croquettes spéciales troubles digestifs.
L'automne passé, nous lui avons fait subir différents tests, mais sans trouver de maladie ni de parasites. Le vétérinaire nous a parlé de l'équivalent de la maladie de Crohn chez les chiens, mais il aurait fallu faire des biopsies pour confirmer.
Ces derniers temps, il n'arrêtait pas de perdre du poids, et cette semaine, il a encore une fois été pris de diarrhées, sans cause apparente. Notre décision a été difficile à prendre - la maladie de Crohn, si c'est bien de cela qu'il s'agissait, est certes incurable, mais pas mortelle. Si nous avions eu moins d'enfants, plus de temps, une plus grande cour, une ferme, les diarrhées nous auraient sans doute moins affectés...
Mais ce n'est pas le cas, et il n'était pas envisageable pour nous de le faire adopter par un inconnu: c'était notre chien, il était attaché à nous, à nos enfants. Qui plus est, c’était un chien extrêmement craintif, qu'il ne fallait pas brusquer, qui demandait attention et patience, mais aussi un brin de fermeté, car il était encore fou fou malgré l'âge qui avançait... Comment aurions-nous pu être certains de lui avoir trouvé un bon foyer?
C'est donc la mort dans l'âme que nous l'avons amené chez le vétérinaire...

Il n'est plus là pour se plaindre quand je sors, il n'est plus là pour me saluer joyeusement quand je rentre, il n'est plus là pour se coucher sous mon bureau quand je travaille.
Il me manque terriblement.


5 commentaires:

  1. La loute va être triste de ne pas le voir cet été... Mais elle a connu ça avec le Philosophe au début d'année... Gros bisous lointains...

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  2. qu'est ce qu'on les aime ces petites (ou grosses) bêtes-là...

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  3. Son histoire est belle et triste à la fois... Je comprends tout à fait.

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  4. Ces boules de poils nous manquent tellement... et puis le temps passe et il manque toujours quelque chose de vivant, poilu, joueur, câlin... nous c'est les chats et hop petit tour à la SPA et voilà un nouveau petit chat à la maison :-)
    Momale

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