jeudi 21 décembre 2017

137 - Le poids des mots

Des fois, chez nous, il y a des malpolis qui pètent sans s'excuser (oui, nous ne sommes pas tous des princesses!). Dans ces cas là, la tendance est de dire: « Ça pue! Qui a pété? » et régulièrement, l'Empereur ou sa grande sœur s'excuse.
Ce matin, au déjeuner, l'Empereur pète. Et s'excuse.
Mais le voilà qui éclate en pleurs : « Maman, j'ai dit pardon, et ça pue quand même! »
Comment lui dire...

jeudi 14 décembre 2017

136 - Le poumon, le poumon, vous dis-je!

Nous avons perdu notre nounou cette semaine. Quand je dis perdu, ça veut juste dire qu'elle vient de passer une semaine à l’hôpital et qu'elle va avoir besoin d'une longue convalescence (à la vérité, il semblerait que nous soyons passé proches de la perdre, comme fini, mourrue, kaput, mais heureusement, tout devrait progressivement rentrer dans l'ordre).

Tout a commencé il y a quelques semaines par une vilaine toux qui court et que tout le monde a attrapé, y compris la fameuse nounou. Comme celle-ci a les poumons fragiles en raison de son asthme, la toux s'est transformée en bronchite, qui s'est ensuite transformé en pneumonie.
Mardi soir, j'arrive chez elle pour récupérer mes zozos. La nounou est fiévreuse. Je lui lance donc un regard noir voulant bien dire qu'elle aurait pu m'appeler, j'aurais récupéré mes lardons plus tôt histoire de la laisser souffler un peu, et je remballe mes loulous en me disant que le lendemain, je serais sûrement de garde.
Comme de fait, le mercredi, sa fièvre a augmenté et même tellement augmenté que son médecin lui conseille de se rendre à l'hôpital.
Assez rapidement elle se retrouve donc sous antibiotiques intraveineux au vu de sa forte fièvre, mais comme jeudi, sa formule sanguine est catastrophique, ils lui font passer un électrocardiogramme et la font voir par un hématologue.
Vendredi, ce sont les enzymes du foie qui sont aberrantes, son ventre est hyper gonflé, ils pensent à la vésicule biliaire et envisagent de la retirer.
Samedi, ils soupçonnent finalement une hépatite et nous interdisent d'aller la voir (à ce moment là, ses globules blancs et plaquettes étaient tellement bas que le moindre incident aurait pu être fatal et qu'il ne fallait surtout pas la contaminer avec autre chose). Ils soupçonnent un virus, passent aux anti-viraux.
Dimanche, ses globules blancs remontent un peu, mais ils sont encore bas. Ils hésitent à lui faire une ponction de moelle.
Lundi, les globules blancs ont pris un peu de mieux, l'idée de ponction est abandonnée. Mais ils font une gastroscopie pour aller voir ce qui se passe au niveau du foie et pour tenter d'élucider le mystère du liquide dans l'abdomen, lui retirent au passage des pierres au foie et à la vésicule. Le microbiologiste demande plusieurs examens pour déterminer quel est le virus concerné.
Mardi, finalement, la formule sanguine redevient presque normale. Et les résultats concernant le virus tombe: c'est notre ami Epstein-Barr qui fait des siennes et qui a entrainé des lésions hépatiques.
Hier, elle était finalement de retour chez elle, épuisée bien sûr, et avec un ventre de femme enceinte qui la gêne pour respirer, mais qui est censé dégonfler au fur et à mesure que son foie prend du mieux.

Six jours pour diagnostiquer une mononucléose, qui présentait quand même des symptômes visiblement assez typiques (fausse grippe, extrême fatigue, fièvre importante le soir et la nuit mais pas en journée...), l’hépatite étant également, semble-t-il, une complication assez courante (quoique pas forcément à ce point, on s'entend).
Je ne suis pas sûre de vouloir féliciter ses médecins.

La question subsidiaire restant : mais qui notre nounou est-elle aller frencher pour se retrouver ainsi malade à son âge?!

vendredi 1 décembre 2017

135 - She is back

Il y a un moment que je ne suis pas venue ici, faute de temps.
Nous avons passé une bonne partie de l'été en France, les enfants et moi. Ce fut un été riche en émotions et en apprentissages.
Dès notre retour, nous sommes tombés dans le tourbillon de la rentrée, qui s'est avérée particulièrement difficile pour notre aîné.
J'aurais beaucoup à dire sur la méthodologie choisie pour apprendre à lire et sur ces p*** de mots-étiquettes à apprendre par coeur, ce qui me semble très peu convenir aux enfants qui présentent des troubles de l'apprentissage.
Mais j'ai un petit garçon persévérant, et trois mois plus tard, le voici qui commence à bien déchiffrer. Il est même capable de lire de petits simples tout seul. Je suis fière de ses progrès!
Les deux autres continuent de pousser comme de la mauvaise graine. La deuxième rêve d'entrer à l'école pour apprendre à lire elle aussi, et le troisième parle comme un ministre (enfin mieux qu'un ministre) du haut de ses bientôt trois ans.

Bref, la vie suit son cours.

lundi 3 juillet 2017

134 - Life sucks

Il y a des décisions difficiles à prendre dans la vie.
Comme celle de faire euthanasier un chien parce qu'il est trop souvent malade, et que c'est devenu trop difficile à gérer au quotidien, comme il y a un peine un an.
Cette semaine, c'est ma belle compagne depuis 14 ans à qui je dois me décider de dire au revoir. Elle a une tumeur à la patte, et une métastase dans le ganglion lymphatique. La tumeur à la patte est déjà suffisamment grosse pour que notre vétérinaire local ne se sente plus à l'aise d'opérer, car il craint de manquer de peau pour la cicatrice. Il nous renvoie donc chez un spécialiste.
De même pour la détection d'autres métastases et les éventuels soins genre radiothérapie/chimiothérapie qui seront probablement nécessaires pour être certains de tuer toutes les cellules cancéreuses.
Sauf que nous sommes allées chez le vétérinaire il y a à peine un mois. Aucune des deux tumeurs n'était alors détectable. Pourtant, la vétérinaire a bien tripoté l'animal partout et j'inspecte régulièrement la patte de ma chatte, puisqu'elle y avait fait un kyste il y a 4 ans.
Sauf que j'ai vu ma mère se faire traiter pour le cancer, et si je conçois fort bien qu'on tente tout pour un humain, je ne suis pas sûre qu'il soit approprié de faire subir cela à un animal qui n'en comprend ni les tenants ni les aboutissants. D'autant que cet animal est âgé, et qu'il pourrait fort bien faire une crise de cœur ou tomber malade des reins entre temps.
Sauf qu'elle perd progressivement l'appétit, qu'elle pesait tout pile 4  kg il y un mois et a encore perdu 250 g depuis, malgré mes tentatives de gavage. Elle n'a plus que la peau sur les os, ce qui n'est pas de bon augure pour la suite.
Sauf que depuis le diagnostic, je me rends compte de tout un tas de petits indices sur sa santé déclinante que je n'avais pas vus avant. Elle s'isole plus, ne se couche plus sur des coussins, mais au sol, boite parfois un peu. Elle dort même parfois seule au lieu de dormir avec nous. Elle ronronne moins, moins fort. Quand elle sort, c'est juste pour prendre l'air, elle revient tout de suite.
Sauf que je pars pour l'Europe cette semaine, et que je me vois mal confier à mon conjoint puis à une pension tous les soins qu'impliquent le cancer. Que je me vois surtout mal la laisser, elle qui a tant l'habitude de ma présence, et qui déteste tellement mes absences, souffrir seule. Que j'ai déjà perdu de nombreux animaux pendant mes vacances et qu'il est hors de question de la laisser mourir seule.
Nous ne sommes finalement pas allés voir le spécialiste. Je lui dirai donc au revoir mercredi, pour toujours. En attendant, je profite au maximum, je la câline et je la gave de tas de choses auxquelles elles n'avait droit qu'au compte-goutte jusqu'à présent.




Elle a été la compagne de pratiquement toute ma vie d'adulte. Elle m'a accompagnée à Fribourg, Paris, Sherbrooke, Mont-Saint-Hilaire, Montréal, Kuujjuaq, Longueuil et Sainte-Julie sans jamais se plaindre. Elle a accepté l'arrivée de mon chum, du chien, et de mes enfants dans sa vie, et, si elle était du genre à chercher la bagarre avec les autres chats ou même avec les chiens du Nord, elle n'a jamais bronché contre tout ce monde là (bon, elle a mordillé les orteils de mon chum au début, mais il le méritait). Elle était douce et gentille, miaulait rarement, ne griffait pas - pas même les enfants qui lui tiraient la queue. C'était une roublarde qui trouvait toutes les astuces possibles pour arriver à ses fins (je crois que le mieux, c'est quand elle s'est mise à jouer de la guitare ou à allumer la TV pour nous réveiller le matin).
Elle va terriblement me manquer.
Saloperie de crabe.


jeudi 15 juin 2017

lundi 22 mai 2017

132 - Roar

Samedi, comme il faisait beau, mon conjoint me propose d'aller nous promener. Je suggère Fort Lennox, que nous n'avons encore jamais vu. Sauf que... le site ouvrait aujourd'hui (pourquoi un lundi férié plutôt que 2 jours avant? Les bizarreries de Parcs Canada, parfois...). Finalement, nous nous sommes rendus au Parc Safari qui n'était pas loin, au plus grand plaisir des enfants qui adorent les zoos.
Si nous avons été déçus par la partie "voiture", le parcours à pied était délicieux. Il faisait beau, pas trop chaud, et il n'y avait presque personne, pour une fois.











lundi 15 mai 2017

131 - Lumières

Ce mois-ci, le thème, Lumière(s), a été choisi par Eurydice.

J'ai un peu hésité sur la photo à choisir, car la lumière est l'un de mes 'motivateurs' principaux en la matière. La meilleure photo de ma vie, c'est une photo que j'ai prise de mon père au travail sur son bureau. J'avais huit ans. J'ai voulu essayer de couper le flash de mon Kodak Disk, pour voir ce que cela faisait, et surprise, j'ai obtenu un magnifique cliché en clair-obscur à la de La Tour, malheureusement perdu ou resté en France à quelque part...
J'aime photographier la lumière des sous-bois, les couchers de soleil, les rais de lumière particuliers, les jeux d'ombre et de lumière sur les montagnes... À ce titre, le grand Nord a été un endroit fabuleux, entre la lumière rasante de l'hiver, la lumière rose des soirs d'automne, la lumière bleue des longues nuits d'hiver ou encore la lumière dansante des aurores boréales...
C'est donc une photo du Nord que j'ai choisie, d'une journée d'orage, où la lumière et la pluie percent à travers les nuages sur la morne étendue de la toundra.



Akaieric, Alban, Alexinparis, Amartia, Angélique, Aude, Autour de Cia, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Calamonique, Carole en Australie, Chat bleu, Chiffons and Co, Christophe, Cricriyom from Paris, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, E, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, Evasion Conseil, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, J'habite à Waterford, Josette, Josiane, Julie, Kellya, KK-huète En Bretannie, Krn, La Fille de l'Air, La Suryquoise, La Tribu de Chacha, Lair_co, Lau* des montagnes, Laulinea, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilousoleil, Lyonelk, magda627, Magouille, Mamysoren, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Natpiment, Nicky, Pat, Paul Marguerite, Philae, Philisine Cave, Pichipichi Japon, Pilisi, Renepaulhenry, Sous mon arbre, Testinaute, Tuxana, Ventsetvoyages, Who cares?, Xoliv', écri'turbulente.

lundi 1 mai 2017

130 - Serena

Je me rends compte que depuis environ 6 mois que je l'ai, je ne vous ai pas encore parlé de ma « nouvelle » voiture. Pourtant, je suis en amour!
Tout à commencé par le départ de M. en France, qui nous a laissé sa M*zda Prot*gé en héritage. Comme c'était une vieille voiture en pas super bon état, c'est moi qui en ai hérité - mon conjoint ayant besoin d'une auto fiable pour ses 70 km d'autoroute quotidiens.
Quelques mois plus tard, M. est revenu, nous lui avons donc rendu son bien. En attendant, j'avais apprécié de conduire une M*zda et surtout, pris l'habitude d'avoir une voiture quand j'en avais besoin. J'avoue qu'avec trois enfants et un hiver glacial, disposer d'un véhicule pour les multiples rendez-vous, les activités et les aller-retours quotidiens à l'école, c'est appréciable.
Nous ne voulions néanmoins pas nous ruiner pour en racheter une, et j'ai donc passé pas mal de temps à me chercher quelque chose de pas cher qui ne soit pas un bazou. Mon choix s'est finalement arrêté sur une belle M*zda 3 bordeau que nous sommes allés essayer un beau soir d'octobre. Après l'avoir fait inspecter par notre garagiste habituel, il s'est malheureusement avéré que trop de réparations étaient à prévoir. Mais chance inouie, le concessionnaire venait de recevoir une M*zda 6 qu'il n'avait pas encore eu le temps d'inspecter.
C'était un peu plus gros que ce que je visais, mais le vendeur me la faisait au même prix que la M*zda 3 que nous avions essayée, puisque ça lui permettait de s'en débarasser rapidement. Inspection re-faite par notre garagiste, il y a des réparations à prévoir, mais rien d'urgent ni d'anormal vu son âge. Et pour un prix inférieur à la moitié de sa cote officielle. Inutile de dire que la décision a été rapidement prise.
Et depuis qu'elle est dans la famille, tout le monde l'a adoptée : elle est spacieuse et confortable, les enfants n'ont jamais eu autant de place à l'arrière, et c'est un vrai plaisir de la conduire (« auto maman vroum-vroum » dit l'Empereur).


Quant à son petit nom, je n'ai pas eu à chercher longtemps... Elle est belle, sportive, puissante et noire!

lundi 3 avril 2017

128 - Être une femme

Quand j'étais jeune, je voulais être un garçon. Je percevais déjà, sans doute, la difficulté d'être d'une femme.
Bien sûr, il faut relativiser. Être une femme en occident aujourd'hui, c'est bien mieux que dans d'autres régions du monde, où c'est encore probablement bien mieux qu'à d'autres époques de l'humanité.
N'empêche, il y a des jours où je me dis que la libération de la femme est une vaste joke. Nous avons gagné le droit de travailler, mais à quel prix? Nous gagnons toujours un salaire inférieur à ces messieurs (alors que nous sommes meilleures aux études, cherchez l'erreur), et on constate souvent que ce sont les femmes qui prennent en charge l'essentiel du volet «famille».
Oh, bien sûr, ces messieurs daignent en faire un peu plus qu'à l'époque où les femmes ne travaillaient pas, mais quand même, il me semble qu'on est bien loin du partage équitable...

Il suffit de regarder autour de soi: la plupart des tâches «ménagères» restent entre les mains des femmes, de même, et c'est encore plus triste, que la «gestion» des enfants. Alors bien sûr, il y a les chanceuses qui ont un mari qui cuisine ou qui est une vraie fée du logis, mais c'est plutôt l'exception que la règle. La plupart des femmes que je connais se plaignent du manque de participation de leur conjoint (sans parler du total je-m’en-foutisme de certains). Et quand je vais à l'école, je suis effarée de voir qu'à part un père qui est là à presque toutes les activités, ce ne sont que des mères qui se dévouent pour accompagner les sorties et ateliers. Ne parlons même pas de prendre des congés quand les enfants sont malades ou que l'école/la garderie est fermée. Dans la plupart des familles que je connais, ce sont les femmes qui s'en occupent - sans doute que ces messieurs sont trop occupés à justifier leur salaire plus élevé que le nôtre.

Je ne sais pas si la situation sera meilleure quand mes enfants seront grands, mais j'essaye d'éduquer mes garçons et ma fille de la même façon, de ne pas leur dire qu'un garçon doit faire ci et une fille ça. Je ne me fais pas trop de souci pour ma fille, qui est fière et autonome, et qui saura sans doute se défendre mieux que moi. Mais je tiens à ce que mes garçons soient aussi capables de tenir une maison. Mieux, que cela leur soit naturel.
J'essaye d'impliquer leur papa (qui fait quand même des efforts, parce qu'on ne peut pas dire qu'il ait été éduqué dans cet état d'esprit), pour leur montrer que peu importe le genre, nous sommes tous responsables. Mon Prophète aime cuisiner, alors nous l'y encourageons. Nous exigeons que tous rangent et participent aux tâches ménagères à la hauteur de leurs capacités. Mon petit Empereur aime beaucoup promener ses «bébés» en poussette (rose!), et je me plais à penser que si les préjugés ne le rattrapent pas trop, ce sera un papa impliqué.
Parce que, dans le fond, je suis persuadée que la société égalitaire de demain passe aussi, peut-être surtout, par l'éducation des garçons.